La DMZ, une frontière complexe

Publié le 31/10/2024

Source : Éric Janin, « La DMZ : une “frontière” ? », Carto n° 85, octobre 2024. Crédit d'illustration : © Torsten Pursche / Adobe Stock

Vestige de la guerre froide, la frontière entre la République populaire démocratique de Corée au nord et la République de Corée au sud est un no man’s land devenu un site touristique et une réserve de biodiversité. Elle reste un espace de tensions : en juin 2024, des images satellites ont révélé que Pyongyang construit des structures défensives, comme des murs, dans la « zone démilitarisée » ou DMZ. C’est le nom donné à l’interface militaire et politique qui constitue de facto la dyade entre deux régimes opposés, l’un communiste, l’autre capitaliste. Ce glacis, long de 250 kilomètres et large de 4 kilomètres, s’inscrit de part et d’autre de la ligne de démarcation établie lors de l’armistice signé le 27 juillet 1953, à l’issue de trois ans de combats (1950-1953). On trouve autour de la DMZ l’une des plus fortes densités de forces armées déployées, alors que les deux États voisins sont officiellement toujours en guerre. Le long de cette séparation fortifiée (mines terrestres, barbelés, miradors, batteries d’artillerie…), les troupes de Pyongyang sont estimées à 700 000 soldats et font face à près d’un demi-million de Sud-Coréens épaulés par 30 000 Américains. Bien que la situation reste figée, cette zone tampon demeure le théâtre de nombreuses provocations nord-coréennes, avec des incursions récurrentes.

Malgré ce contexte, dans lequel le dictateur nord-coréen Kim Jong-un (depuis 2011) développe son programme nucléaire et balistique dans une stratégie de défense dissuasive, une partie de la DMZ est devenue un objet de « tourisme mémoriel » en Corée du Sud. Encadrés, les visiteurs peuvent explorer des sites clés comme l’observatoire de Dora (qui permet d’apercevoir le territoire nord-coréen avec des jumelles), le pont de la Liberté d’Imjingak, le parc de la Paix (qui propose des expositions et des monuments commémoratifs en hommage aux victimes de la guerre), et un tunnel creusé en 1978 par les forces nord-coréennes pour envahir la Corée du Sud.

Mais le site le plus emblématique est incontestablement la « Joint Security Area » de Panmunjeom, unique point de passage de la DMZ, sous contrôle de l’ONU, où il est possible, l’espace de quelques minutes, de se retrouver dans la pièce où l’armistice a été signé en 1953 et ainsi pénétrer en territoire nord-coréen. Entretiens militaires et discussions diplomatiques cruciales s’y organisent encore, comme ce fut le cas lors de la rencontre entre le président Donald Trump (2017-2021) et Kim Jong-un en juin 2019. Boutiques et espaces marchands complètent l’offre touristique sur les différents sites.

 

Questions

1. Quelle est la fonction principale de la DMZ ?

2. En quoi cet espace est-il sous tension ?

3. Pourquoi la DMZ est-elle devenue un site touristique ?

4. Comment la « Joint Security Area » illustre-t-elle la complexité de la frontière coréenne ?

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Chapitre 7 (« Tracer des frontières, approche géopolitique »)

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